Cette page explique comment fonctionne la piqûre, comment récolter la plante sans se piquer et ce que l'on peut en faire en cuisine.
Ce qu'est l'ortie sur le plan botanique
Deux espèces sont répandues en Europe centrale. La grande ortie (Urtica dioica) atteint jusqu'à un mètre et demi de haut, est vivace et se propage par des rhizomes souterrains. La petite ortie (Urtica urens) reste nettement plus basse, est annuelle et pique sensiblement plus fort.
Toutes deux portent des feuilles opposées et dentées à base en forme de cœur, ainsi qu'une tige carrée. Les fleurs sont discrètes et pendent en longues grappes à l'aisselle des feuilles.
Comment fonctionne la piqûre
Les poils urticants sont de minuscules tubes en silice dotés d'un point de rupture à leur extrémité. Au contact, cette pointe se casse et laisse une canule acérée qui pénètre dans la peau. En même temps, le contenu du poil y est injecté : un mélange d'acide formique, d'histamine et d'autres composés.
Le principe est celui d'une aiguille de seringue, en miniature. Et il explique aussi l'astuce la plus connue : les poils sont orientés en biais vers le haut. Si tu passes la main sur une feuille de bas en haut, tu les couches au lieu de les casser. Ce n'est toutefois pas fiable : les gants restent l'option la plus sûre.
Après le contact
Les cloques disparaissent en général d'elles-mêmes en une demi-heure à une heure. L'eau fraîche apaise, frotter aggrave les choses, car les fragments de poils cassés pénètrent plus profondément dans la peau.
En cas de contact étendu, chez les enfants ou si les symptômes dépassent la réaction habituelle, l'avis d'un médecin s'impose.
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Récolter
- Gants et ciseaux. Tout le reste relève du courage, pas de la méthode.
- Prendre les jeunes pousses. Les quatre à six feuilles du haut sont tendres. Les vieilles feuilles dures du bas de la tige sont coriaces.
- Avant la floraison. Après, les feuilles forment de petits dépôts cristallins qui donnent une sensation rêche en bouche.
- Ne pas cueillir en bord de route ni en bordure de champs cultivés de façon conventionnelle.
- Le matin, une fois la rosée séchée.
Après la coupe, la plante repousse de façon fiable : on peut récolter le même massif plusieurs fois dans la saison.
En cuisine
La piqûre disparaît complètement dès que les poils sont détruits. Une de ces trois choses suffit : un bref blanchiment, un passage énergique au rouleau à pâtisserie ou simplement un hachage.
- Comme des épinards. Blanchir, presser, hacher, faire revenir au beurre. Le goût est plus herbacé et un peu plus amer que celui des épinards.
- En soupe. Faire revenir oignon et pomme de terre, n'ajouter les orties qu'à la fin et les laisser infuser brièvement pour garder une belle couleur verte.
- Dans une pâte. Finement hachées dans des crêpes, des spätzle ou une pâte à pain.
- En pesto. Brièvement blanchies avec des noix, de l'huile et un fromage à pâte dure.
- Les graines. Récoltées à la fin de l'été, séchées et parsemées sur une salade ou du pain : elles ont un goût de noisette.
Sécher
L'ortie se sèche très bien. Fais des bouquets, suspends-les tête en bas dans un endroit sombre et aéré, et attends une à deux semaines. La lumière décolore les feuilles. Elles sont prêtes quand elles bruissent et se cassent quand on les plie.
La méthode est détaillée dans l'article Sécher les plantes : méthodes, durées et bonne conservation.
L'ortie dans la tradition monastique
L'ortie fait partie des plantes décrites dans la Physica d'Hildegarde. Ce n'était ni un produit importé ni une plante de jardin, elle poussait de toute façon partout : exactement le genre de plante que les jardins de monastère et les foyers paysans connaissaient bien.
Pour situer : la Physica est un texte du XIIe siècle qui repose sur une conception de la nature sans commune mesure avec celle d'aujourd'hui. Elle documente l'usage historique de la plante.
Dans notre gamme, l'ortie apparaît sous deux formes : comme ingrédient de l'Elixir Ortie Noix Hildegard (l'utilisation et la recommandation de consommation sont présentées dans un article dédié) et sous forme d'huile d'ortie pour la peau, une huile de soin à usage externe.
Remarque : l'élixir contient de la noix, un allergène à déclaration obligatoire du groupe des fruits à coque.
Questions fréquentes
Pourquoi l'ortie pique-t-elle ?
Les poils urticants sont de minuscules tubes en silice. Au contact, la pointe se casse, pénètre dans la peau et libère le contenu du poil, notamment de l'acide formique et de l'histamine.
Que faire après le contact ?
De l'eau fraîche. Ne pas frotter, cela ne fait que répandre les fragments de poils. Les cloques s'estompent généralement en moins d'une heure. En cas de réaction inhabituellement forte ou étendue, consulte un médecin.
Peut-on manger l'ortie crue ?
Seulement une fois les poils urticants détruits. La rouler, la hacher ou la blanchir suffit. Non traitée, elle pique aussi dans la bouche.
Quand récolte-t-on l'ortie ?
Les jeunes pousses du printemps à l'été, idéalement avant la floraison. Les graines à la fin de l'été.
Quel goût a l'ortie ?
Herbacé et un peu plus amer que les épinards, avec une légère note de noisette.
Quelle est la différence entre la grande et la petite ortie ?
La grande ortie atteint un mètre et demi et est vivace ; la petite reste basse, est annuelle et pique plus fort.
Peut-on faire sécher l'ortie ?
Oui, c'est l'une des plantes les plus simples à sécher. Suspendre les bouquets tête en bas dans un endroit sombre et aéré.
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